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Correspondance A/Eglantine

Le 12 décembre

A

De petites piqures me harcelaient le dos, brûlantes, coupantes, mordantes, précises.

Très désagréables. De petits démons microscopiques qui me rendaient ce moment fort pénible.

Je t'ai entr’aperçu, armée de ce fouet, et j'ai juste deviné la posture de ton corps, et donc la position de ton âme, dans leur éclatante puissance.

Bascule.

Ce qui n'était que douleurs désagréables est devenu autre chose.

Je ne sais quoi au juste.

Je sais juste que tu as insisté.

Et que tu as bien fait, Eglantine.

Tu as bien fait d'insister. Tu as bien fait d'y prendre plaisir.

Parce que cela m'a permis une transformation.

Vers un autre chose.

Difficile à déterminer, à m'en souvenir précisément : d'un ressenti précis et difficile, à un état d'être aux contours plus flous, un mélange de douleur et de plaisir, mais...parce que toi.

Comme si tu étais au bout de ton fouet et que tu entrais en moi en même temps et autant que ces piqures douloureuses.

En vérité, tu profitais de ces piqures pour entrer, et le mélange des pointes du fouet et de tes entrées multiples ont transformé cet instant.

Cet autre chose...


J''aime me retourner sur ce moment.

Si ce n'est pour le cerner, au moins pour en profiter encore, le questionner.


Donner corps aux sensations.

Tu m'y as incité.

Je n'y ai pas totalement répondu je le sais.

Mais cette retenue a évolué. Et si elle a été, c'est qu'elle devait être.


Idem pour ce chemin qui précédait.

Ainsi tu as aimé penser, imaginer....fantasmer ? ;)



Le 20 décembre

A

De ce matin je ne me souviens pas de mes rêves.

Je sais seulement qu'à mon réveil tu étais là,

quelque part dans ma poitrine.

Un couteau dans une main,

tu devais fouiller.


Eglantine

Sûrement à cet endroit y a-t-il des choses à extraire, à regarder.


A

A me donner cette image Madame, je suis votre pierre à aiguiser.

Le froid de votre lame, la chaleur de votre affûtage devenant aigu sur moi.

Désir, frustration, admiration, hantise, obsession, volupté.

Soyez certaine que je ne bougerai pas, Madame,

tant que le sang ne coule juste à la vue de votre tranchant.

En vérité je suis maudit : Vous êtes Salammbô.

Merci.


E

Béni… béni… je suis qui tu veux que je sois.

Qui vous voulez voir face à vous.

A

Béni/Maudit...entre nous c'est la même chose.

Votre divine image, Madame, devant moi vous a faite Reine de Carthage.

Salammbô invoque la lune, Salammbô est puissante, féconde, guerrière, Salammbô est désir et feu, Salammbô est solitaire, d'une beauté que l'on évoque encore des siècles après.



A

Ce passage,

cette bascule m'interroge encore.

Parce que,

peut-être,

se joue-t-il là quelque chose d'important,

quelque chose derrière laquelle je cours,

ou plutôt quelque chose que je traque,

sans avoir une vision claire.

Ou peut-être pas.

L'hypothèse d'une fausse route, d'une chimère,

n'est pas à exclure.

Je ne me l'interdis pas.

Précisément, j'ouvre grand les bras.

Pour mieux embrasser.

Me fier à mon corps :

Cette bascule a bien eu lieu.

Je l'ai éprouvé. Totalement.

Je t'ai aperçu,

Eglantine, à l'orée de moi,

et à cet instant précis,

les morsures à la lisière

se sont engouffrées en moi.

Tu t'es engouffrée en moi.

Un courant chaud, épais,

violent mais sûr de lui, à son rythme,

sans brutalité.

Les morsures se sont transformées.

Je me suis transformé.

Me sentais-je vivre alors ?

Sentais-je que toi, derrière moi,

tu me voyais alors, pleinement ?

Je traque encore.

Tu me le permets.

Merci.


E

La traque est un art, celle de ressentir, d’habiter son corps et plus que lui, de sentir l’espace autour comme un prolongement de soi. Tel un jaguar, silencieux, vif, tous les muscles, les sens en éveil, sans autre effort que celui d’être là.

Traquer les mensonges, ce qui se cache, traquer la Vie qui se faufile, petit filet d’air qui frissonne, lui intimer de croiser nos Souffles. Devenir.


Merci


A

Tu as le don de poser les mots justes.

De ceux qui questionnent, déplacent, décentrent, mènent ailleurs.


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