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Un matin timide

Le matin se levait, ce moment juste entre deux, là, quand la nuit s’étire avec la rosée qui perle sur les feuilles et que la lumière déchire les ombres mollement. Je regardais le nez sous ma couette à travers la grande baie vitrée de ma chambre. Un désir intense se tapissait là dans mon ventre comme le soleil qui ne se laissait pas encore voir. Un peu de lumière pourtant chaude, brulante même, presque à me faire mal. L’ami qui était arrivé hier bien tard pour me rejoindre dormait encore dans la chambre, pas loin de la mienne. Je dis ami… un homme que je trouvais très attirant, que je connaissais peu en réalité. J’avais nourri l’espoir qu’il vienne jusqu’ici et que je me retrouve contre sa peau nue. Comment dormait il ? J’essayais de l’imaginais dans son lit. Que nous avions été sages hier soir, cette nuit!

Pourtant l’atmosphère transpirait les hormones comme mille papillons dorés. Je glissais hors des draps, il était temps que je prenne les choses en mains. Je ne pouvais pas le laisser m’embrasser de façon aussi banale qu’après un long regard échangé… disons ce matin. Non non non. C’était mal me jauger. Je pensais à cela en enfilant ma robe de chambre de satin sur mes dessous noirs. Je le faisais machinalement. Le soleil se levait un peu, et dans mon corps il prenait la substance d’une lave en fusion. Quelques cordes attrapées, un bandeau. A pas silencieux je traversais le couloir pour la chambre bleue, la sienne. J’allais attaquer. La porte s’ouvrit en grinçant à peine, il dormait vraiment. Je me suis assise sur le bord du lit. J’ai attendu qu’il sente ma présence. Le surprendre en l’attirant à moi… Rien n’est meilleur que cette tension de l’attente, rien n’est pire. Tous mes muscles, tout mon corps est détendu et souple, pourtant une tension extrême de l’attention. Je sens l’air entrer en moi, en sortir, mon sang gronder en mille rivières, l’épaisseur du vide qui me sépare de cet autre corps endormi dont je vois une épaule, un bras, le visage. Une épaisseur telle dans laquelle je pulse jusqu’à ce corps deviné sous les draps et la couette. Mon coeur bat le rythme d’un corps qui claque sous ma main. Je lui fais déjà l’amour, sans le toucher, sans bouger. Il ne peut qu’ouvrir les yeux l’air vibre tellement, qu’il oppresse. D’une oppression langoureuse. Quelques mots de ma bouche « je peux ? » Il souffle un « oui » une perle qui roule partie d’on ne sait où pour se perdre. Je plaque le bandeau sur ses yeux. Il retourne dans une nuit intérieure, je vais aller y chercher les étoiles pour décorer mon corps. Je découvre le sien, fin, musclé qui trahit une tension plus que respectable. Les mains au dessus de sa tête, bien serrées dans mes liens, que je bloque à la tête du lit. Le voila mien. Il a dit oui, j’ai quartier libre devant ce paysage de chair exposé de façon crue. Il frissonne je le vois ! Accentuer ces frissons… Je descends du lit, je recule pour admirer. Je ne dis rien, je veux qu’il attende, qu’il ne sache pas. Et je sors, je claque la porte !

Il appelle… le pauvre chou… il crie mon nom…

Je ris !


Je vais mettre mes talons, ceux qui claquent bien. Et vais chercher un bol de glaçons avec un peu d’eau. Il écoute quand je rentre, je le sais. Un mélange d’excitation, de peur, de curiosité lui broient les entrailles, je le vois. Ca m’excite.


Je m’approche, et m’arrête net au bord du lit. Les talons font leur effet. Quelques secondes qui tombent lourdes. Je me penche proche de ses lèvres, je les respire, et insuffle un petit filet d’air. Ma main douce sur sa peau, commence à faire sentir mes ongles. Je trempe avec un malin plaisir mon autre main dans le bol posé sur la table de nuit. Il va frissonner encore plus. L’eau, petites aiguilles dures dont la sensation se diffuse. Je me mords les lèvres à le voir. Sa gorge s’est bloquée. Puis un glaçon. Déposé. La peau se rétracte. Un petit cri. Je souris. Il glisse. Eau gelée. Lentement. Jusqu’au pubis.


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